Notice nécrologique de Monsieur Louis Picard de Noirepinay

Ancien lieutenant général du voyage de ton président honoraire du tribunal civil de première instance d’Étampes membre du conseil général du département de Seine et Oise et du conseil municipal d’étampes membre honoraire de la société d’agriculture de l’arrondissement d’Etampes

Par Monsieur BESNARD secrétaire archiviste de la société extrait du compte rendu des travaux de la société d’agricultures d’étampes lue dans la séance publique du 3 novembre 1822.

&p style= »text;p-align: center; »> à Paris IMPRIMERIE de Madame Buzard née Vallat la Chapelle

Il me reste avant de terminer Messieurs,  un devoir douloureux à remplir. L’année dernière, nous étions tous félicités de ce qu’aucune perte n’était venu nous affliger et voilà que quelques instants après, la mort à moissonné l’un des membres honoraires de cette société, magistrat religieux et intègre citoyen vertueux, objet de vos respect, de la vénération et des regrets éternels de tous les habitants de cette ville et de l’arrondissement. Vos cœurs ont déjà nommé Monsieur LOUIS PICARD DE NOIREPINET,  ancien lieutenant général du bailliage d’Etampes, président honoraire du tribunal civil,  membre du conseil général du département et du conseil municipal de cette ville si la reconnaissance de ses bontés peut suffire pour en parler dignement, nul ne pourra mieux le faire que moi et c’est avec l’élan du coeur que je vais vous en entretenir.

Monsieur de Noirepinay avait à peine atteint l’âge prescris qu’il succéda à son père lieutenant général du baillage d’Etampes devenu dans cette place l’arbitre de la fortune, et même de la vie de ses concitoyens, il leur montra, dans un jeune homme, toute la maturité et l’expérience d’un homme fait; sa haute probité, son impartialité que jamais L’ombre même du soupçon n’aurait osé souiller, sa sagesse ses connaissances positives, tout en lui fut remarquable et donna à ses concitoyens et à ceux que la loi appelait à son tribunal les garanties les plus certaines sur leurs intérêts.

La révolution va arracher monsieur de Noirepinay du poste honorable qu’il occupait : l’opinion publique que nul ne dédaigne impunément forçât l’autorité d’alors, toute jalouse qu’elle était de ses anciennes supériorités de placer Monsieur de Noirepinay au nombre des nouveaux magistrats qu’elle instituait; Il fut nommé juge au tribunal du district d’étampes et quoi que navré de douleur des novations dangereuses dont on infectait alors la France, il accepta la place qui lui était offerte afin de veiller, s’il était possible encore, aux intérêts et à la tranquillité de ses concitoyens. Monsieur de Noirepinay Continua de siéger au tribunal jusqu’à ce moment de trop affreuse mémoire qu’on voudrait arracher des pages de l’histoire, et qu’il faut pourtant y conserver pour le salutaire effroi et la leçon de la postérité; il subit le sort qui attend presque tous les honnêtes gens, il fut destitué, persécuté et incarcéré? Au premier retour de l’ordre et à la première formation des tribunaux d’arrondissement il fut nommé premier juge au tribunal civil d’Etampes, dont il eut ensuite la présidence lorsque son respectable prédécesseur, Monsieur Roger, fut nommé juge au tribunal de première instance de la Seine. En 1821, Monsieur de Noirepinay, que de fréquentes indispositions retenaient trop souvent, pour la société, éloigné de ses fonctions, demanda et obtint sa retraite et reçu en récompense de ses longs et honorables travaux, le titre de président honoraire. Il jouissait dans sa retraite de la récompense la plus douce pour son cœur le respect et la vénération publics, lorsqu’un accident affreux et inattendu est venu tout à coup l’enlever le 18 décembre, à la tendresse de sa femme et de sa famille dont il était l’âme et à ses concitoyens dont il était toujours l’un des plus zélés soutient. La vie publique de Monsieur de Noirepinay fut toute entière un modèle à proposer aux magistrats, au fonctionnaire et aux citoyens de toutes les classes;

J’en atteste les regrets et les larmes qui l’ont accompagné à son dernier asile; tous, en ce rappelant ses vertus, regrettaient amèrement de n’avoir plus que ce dernier et funeste hommage à lui rendre. sa vie intérieure fut toutes de tendresse et d’attachement sans bornes à digne épouse et à sa famille; l’aménité de ses habitudes sociales, les connaissances aimables qu’il possédait le rendaient cher à tous ceux qui avaient le bonheur de l’approcher; ami sûr, conseil prudent et éclairé il obligeait toujours avec un nouvel empressement; sa charité pour les pauvres ne s’est jamais ralentie et en mourant il leur en a laissé un nouveau témoignage; il est mort comme il a vécu en faisant le bien.