Tour de Guinette: Topographie du site . (par Gérard Niquet)

Introduction:
Le relevé topographique du site de la Tour de Guinette est le complément naturel et indispensable à une meilleure connaissance et une plus large visualisation de l’endroit. Après les relevés en plan de l’année 2000, il était donc logique de chercher à inscrire le donjon dans son environnement, tant la déclivité de celui-ci a eu d’importance dans le choix de ses bâtisseurs. Visualiser ce qu’il en reste aujourd’hui au travers de maquettes ou de restitution graphique en 3D présidera peut-être aux choix de ses restaurateurs.
La méthode :
Il nous fallait donc en tout premier lieu choisir la surface que nous souhaitions couvrir avec ce premier relevé. L’édifice aux formes curvilignes, offrant peu de repères à l’accroche d’un plan, le quadrillage le plus avantageux nous a semblé être celui d’un quadrilatère ABCD formé par les tangentes aux lobes de la Tour.
Les parallèles à 5  et 10 m ainsi que les parallèles issues du point de tangence complètent notre quadrillage. L’implantation sur le terrain nous a confirmé la dissymétrie des lobes déjà constatée à l’intérieur.  Soit AB = 21,70m – BC = 21,40m – CD = 21,40m – DA = 21,10m.
Pour les relevés de niveau nous disposions d’un appareil de topographie par rayon. Trois enjeux importants se présentaient à nous :
1 – minimiser le nombre de stations, donc de reports, compte tenu de la déclivité.
2 – trouver le point situé au plus bas
3 – mesurer des points remarquables et fixes pour reprendre d’autres campagnes de relevé par exemple le seuil de la Tour.
Principe du relevé :
L’émetteur E, après réglage, émet un rayon horizontal tournant. Celui-ci intercepté par un miroir placé au sommet d’une mire télescopique le renvoie à l’appareil qui émet un son. Il suffit alors de lire la distance du miroir au pied de la mire et de comparer ces distances. Si on lit par exemple 1,50m en y et 2,50m en x on en déduit que x est 1 m au-dessous de y. On appelle station l’ensemble des points lus avec la même position de l’émetteur. Une forte déclivité nous oblige à faire plusieurs stations. Sur notre exemple pour lire le point z il faut relire y et comparer leur lecture. Si on lit z à 1,20m et y à 1,80, z est à 0,60m au-dessus de y et donc à 1,60 au-dessus de x.
La restitution est l’opération qui consiste à  reporter sur plan l’ensemble des points relevés, ce qui pour Guinette nous donne le travail suivant. On peut voir que nous avons placé le point le plus bas à 0m.
L’altitude du reste du plan est fixée par rapport à ce point. La lecture en est simplifiée, mais l’oeil n’a pas encore une vision d’ensemble. Il faut donc  découper notre terrain en « tranches » fines de 0,25m et reporter leur courbe sur le plan qui prendra alors du relief.
Le résultat:
Après avoir reporté ces courbes, placé les accidents de relief « talus, fossés, enrochements » et les artefacts « chemins, bordures, escaliers, bâtiments » nous visualisons beaucoup mieux les lieux, et sommes à même d’en fabriquer une maquette ou de la transcrire en image 3D.
En 2001 nous avons en projet de compléter ce travail par un relevé en détail de la Tour en élévation et d’en faire une ou plusieurs maquettes d’exposition, d’implantations historiques ou d’aide pro positive à l’aménagement d’accès aux étages ou autres projets.